Les bases

Avec 28 000 entreprises, 92 000 actifs, et un chiffre d’affaires de 5,25 milliards d’euros, le secteur du paysage est un acteur important de l’économie française.

Très liée à l’évolution de l’habitat et des modes de vie, l’activité a beaucoup évolué. Aujourd’hui, la profession couvre des champs d’application très variés, allant du simple jardin d’ornement à des opérations de grande envergure :

  • La création de jardins publics ou privés, de parcs et d’espaces verts d’accompagnement de bâtiments, de terrains de sports, de golfs, d’abords paysagers des voies de circulation, de parcs naturels et d’aménagements en bord de littoral,
  • L’entretien des espaces verts et des espaces et parcs naturels,
  • Le reboisement,
  • L’élagage,
  • Le paysagisme d’intérieur,
  • La végétalisation par semis hydraulique,
  • L’arrosage automatique,
  • L’application de produits phytopharmaceutiques,
  • L’aménagement de terrains de sport,
  • L’aménagement de milieux aquatiques (baignades paysagères), les travaux de génie végétal (confortement de rivières, phytoépuration, etc.) et de génie écologique
  • L’installation d’arrosage intégré et son entretien
  • Les travaux de maçonnerie paysagère nécessaires à la réalisation d’ouvrages paysagers
  • Les petits travaux de jardinage, dans le cadre de l’activité de services à la personne

L’entreprise est soumise à des périodes de saisonnalité, surtout pour la plantation des végétaux (limitée à 6 mois sur 12). Aussi essaye-t-elle d’équilibrer son activité et d’être polyvalente en réalisant des travaux d’aménagement (terrassement, entretien…) en dehors de cette période.

Tous ces travaux spécialisés s’adressent à des clients distincts dont l’approche est différente :

  • Les particuliers : clientèle principale des entreprises du paysage (42%), celle-ci a notamment progressé ces dernières années avec l’activité de petits travaux de jardinage en services à la personne. Même si le nombre de résidences avec jardins augmente, les terrains sont quant à eux de taille plus restreinte. Par ailleurs, l’augmentation de la TVA sur les services à la personne en juillet 2013 devrait avoir des conséquences non négligeables.
  • Les marchés publics : dans un contexte économique difficile et de restrictions budgétaires, la part des marchés publics (Etat, collectivités territoriales, communes…), dont les réalisations les plus importantes sont soumises à une procédure d’appel d’offres, baisse.
  • Les entreprises privées : La part des entreprises privées, quant à elle, reste stable.

L’entrepreneur du paysage est, avant tout, un chef d’entreprise. Il doit aussi bien maîtriser la gestion courante de l’entreprise dont l’aspect commercial, que des compétences agronomiques et techniques, ou encore la connaissance des lois sociales et environnementales.

Aussi, l’entrepreneur du paysage intervient dans un contexte de plus en plus complexe :

D’une part car les Français accordent de plus en plus d’importance au vert et se montrent de plus en plus exigeants en terme de bénéfices sur la santé et de lien social. En effet, près d’un Français sur 2 considère que l’intérêt principal des jardins réside dans leur bénéfice pour l’environnement. Les Français se montrent également très exigeants en matière de qualité et de sécurité. Une part non négligeable d’entre eux est aussi très connaisseuse en végétaux et jardinage.

D’autre part, dans un contexte économique difficile et fortement concurrentiel, composé à 63% d’entreprises n’employant aucun salarié, et à 52% d’entreprises nées il y a moins de six ans (dont 14% en 2012), la santé de ces dernières reste fragile. L’entrepreneur du paysage doit tenir compte de la forte saisonnalité de l’activité, des carnets de commandes parfois difficiles à remplir, et des potentielles difficultés de trésorerie, et il se doit d’être rapidement performant.

Pour toutes ces raisons, l’entrepreneur du paysage se doit d’être un multi-spécialiste.

Aujourd’hui, si aucun diplôme particulier n’est obligatoire pour créer une entreprise du paysage, le contexte démontre que la formation et l’expérience sont essentielles et vont de pair pour assurer la pérennité de l’entreprise : en 2010, 80% des entrepreneurs ont une formation initiale dans le domaine du paysage.

Ainsi, le secteur du paysage dispose de formations à tous les niveaux, du CAPA au diplôme d’ingénieur, par la voie initiale, de l’apprentissage et de la formation continue :

  • CAP et BEPA Jardinier-paysagiste : niveau V, en 2 ans après la 3ème
  • BPA Travaux paysagers, niveau V, en 2 ans par apprentissage après la 3ème
  • Baccalauréat professionnel Aménagements paysagers : niveau IV, en 3 ans après la 3ème dont 16 semaines de stage obligatoire
  • Le BTSA Aménagements paysagers : niveau III, en 2 ans après le bac
  • Les licences professionnelles : niveau II, en un an après l’obtention du BTSA
  • Les certificats de spécialisation (CS) : niveau IV, en 1 an après la 3ème (Taille et soins des arbres, construction paysagère, maintenance de terrains de sport et de loisirs)
  • Les certificats de qualification professionnelle (CQP) : ouvrier qualifié en constructions d’ouvrages paysagers, ouvrier hautement qualifié en maîtrise paysagère du végétal (options paysagisme d’intérieur, toitures végétalisées, rénovation d’espaces verts)
  • Les diplômes d’ingénieurs (Agrocampus Ouest, Isa de Lille, Isa / Itiape) : niveau I, en 3 ans sur concours après l’obtention du BTSA ou après une prépa scientifique
  • La validation des acquis de l’expérience (VAE) : permet la reconnaissance par un diplôme professionnel, un titre ou un certificat de qualification, à partir d’au moins 3 ans d’expérience professionnelle

Si le niveau technique peut être obtenu par l’acquisition d’un diplôme, il convient de compléter sa formation par une expérience professionnelle.

Ainsi, le Conseil d’Administration de l’Unep préconise les critères à l’installation suivants :

  • Disposer d’un diplôme de niveau V en aménagements paysagers avec cinq années d’expérience professionnelle en qualité de salarié dans une entreprise du paysage.

Ou

  • Disposer au minimum d’un diplôme de niveau IV en aménagements paysagers avec deux années d’expérience professionnelle en qualité de salarié dans une entreprise du paysage.

Et

  • Réaliser un stage de préparation à l’exercice de la fonction de « Chef d’entreprise » d’une durée de 35h minimum afin de développer les compétences suivantes : marketing/force de vente, gestion d’entreprise, gestion des ressources humaines, connaissance des obligations règlementaires et construction de projets professionnels.

Après son installation, l’entrepreneur du paysage devra continuer de se former, notamment à long terme pour s’adapter aux évolutions, mais au préalable à court terme pour « développer ses compétences pour pérenniser son entreprise »