Naissance de l’économie moderne, de la renaissance au 19ième siècle

Mis à jour le 19 décembre 2023

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L’économie moderne à partir de la renaissance

Les économistes de la Renaissance ont commencé à remettre en question les idées économiques traditionnelles de l’Antiquité et du Moyen Âge, qui étaient basées sur des concepts tels que la valeur intrinsèque des biens et la théorie de la juste rémunération 2. Au lieu de cela, ils ont commencé à développer des théories économiques basées sur la demande et l’offre, la concurrence et la maximisation des profits. Les économistes de la Renaissance ont également commencé à explorer des concepts tels que la monnaie, le crédit et les marchés financiers, jetant ainsi les bases de la banque moderne 3.

En somme, la Renaissance a été une période de bouleversements majeurs dans la société européenne, qui a vu la redécouverte des textes antiques et le développement de la langue française. Ces changements ont eu un impact sur les thèses économiques modernes, qui ont commencé à se développer sur la base de concepts tels que la demande et l’offre, la concurrence et la maximisation des profits. Les économistes de la Renaissance ont également commencé à explorer des concepts tels que la monnaie, le crédit et les marchés financiers, jetant ainsi les bases de la banque moderne.

Le Mercantilisme : La Quête de Richesse des Nations

« L’abondance d’or et d’argent constitue la richesse des nations. » – Thomas Mun

Le mercantilisme, qui a prévalu du XVIe au milieu du XVIIIe siècle, était basé sur l’idée que la richesse d’une nation dépendait de ses réserves d’or et d’argent. Les mercantilistes croyaient que les nations pouvaient accumuler ces métaux précieux en favorisant un commerce extérieur excédentaire, où les exportations surpassaient les importations. De plus, ils soutenaient des politiques protectionnistes pour encourager et soutenir les industries nationales. Cette approche partait du principe que le commerce international était un jeu à somme nulle, où la seule façon de gagner était d’accumuler plus de richesses que les autres nations.

Le mercantilisme a eu une forte influence sur les politiques économiques de nombreuses nations européennes, en particulier la France sous Jean-Baptiste Colbert. Ces politiques ont conduit à des guerres commerciales et à la colonisation, dans l’espoir de trouver des moyens de s’enrichir. Toutefois, Adam Smith a critiqué le mercantilisme pour son approche à court terme et son manque d’accent sur la production et la consommation. Il a soutenu que la richesse d’une nation devait être mesurée en termes de sa capacité de production et non pas de la quantité de biens qu’elle possédait. Ces principes sont à la base de l’économie libérale moderne.


La Physiocratie : La Nature au Cœur de l’Économie

« La terre est la source unique de richesse. » – François Quesnay

Les physiocrates, menés par François Quesnay au milieu du XVIIIe siècle, soutenaient que la richesse provenait de la terre et de l’agriculture, qui devaient être considérées comme la seule source de valeur réelle. Ils prônaient un « laissez-faire » économique, où le gouvernement ne devrait pas interférer dans l’économie, hormis pour protéger la propriété et la paix. Cette vision mettait en avant l’importance de la libre entreprise et du marché libre, qui devaient être encouragés pour que le peuple puisse prospérer. Ils soulignaient l’importance du libre-échange et de l’équilibre des prix, et étaient contre toute forme de protectionnisme et de politiques qui interféreraient avec le marché libre.

Influence et Perspectives Contradictoires
Bien que la physiocratie n’ait jamais été pleinement adoptée, elle a considérablement influencé les politiques agricoles et est considérée comme le précurseur du libéralisme économique. Elle était basée sur la croyance que l’agriculture était la seule source de valeur et d’enrichissement. Cependant, Adam Smith et d’autres économistes ont critiqué cette théorie en raison de son exclusion des aspects de l’industrialisation et du commerce, ce qui limitait sa capacité à fournir un modèle économique complet et à la moderniser. Malgré ces critiques, la physiocratie a été considérée comme une pierre angulaire pour une meilleure compréhension de l’économie et de la production.


Adam Smith : Le Père du Libéralisme Économique

« Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils portent à leurs intérêts. » – Adam Smith

Adam Smith, souvent considéré comme le père de l’économie moderne, a développé dans\ »La Richesse des Nations » (1776) l’idée de la main invisible. Il a argumenté que la poursuite de l’intérêt personnel dans un marché libre conduit à une situation où chacun obtiendra le plus grand bénéfice possible, et que cela, à son tour, conduira au bien commun. Smith croyait que cela pouvait être réalisé en permettant à chaque individu de se spécialiser et de tirer le meilleur parti des ressources à sa disposition. Il a souligné l’importance de la division du travail pour augmenter la productivité et a révolutionné la manière dont les économistes pensaient à propos de la liberté économique et de l’efficacité des marchés.

Les idées de Adam Smith sur l’économie et la libre entreprise ont été une source d’inspiration pour les politiques économiques modernes. Sa conviction que la libre entreprise et la concurrence naturelle entre les entreprises pouvaient mener à une plus grande prospérité et à des mécanismes d’ajustement plus efficaces a conduit à l’adoption de politiques de libre-échange et à la réduction des barrières commerciales. Cependant, Karl Marx s’est opposé à cette vision optimiste du capitalisme, affirmant que le système ne faisait qu’accroître les inégalités et exploiter les travailleurs.


David Ricardo : L’Architecte du Libre-Échange

« Le libre-échange, source de prospérité pour tous. » – David Ricardo

David Ricardo, un économiste et auteur anglais du début du XIXe siècle, est connu pour sa théorie des avantages comparatifs, qui soutient que les pays peuvent tirer avantage de leurs forces respectives et favoriser le commerce international, même si un pays est plus efficace dans tous les domaines. Ses travaux ont également porté sur la répartition de la rente foncière, la théorie de la valeur et la loi des rendements décroissants. Il a également été le premier à expliquer le concept de plus-value, qui est une méthode pour mesurer la contribution d’un producteur au produit final. En outre, l’impact de sa théorie des avantages comparatifs s’est fait sentir dans les domaines du commerce international, de l’investissement et de la politique économique, et a ouvert la voie à d’autres théories économiques.

Les théories de David Ricardo sur le commerce international ont eu une influence considérable sur le libre-échange et la politique économique, en particulier au Royaume-Uni, où cela a conduit à l’abolition des Corn Laws. Cela a permis aux pays développés d’accéder à des biens et des services à des prix plus bas et de profiter de la division internationale du travail. Cependant, des critiques comme Friedrich List ont averti que le libre-échange aurait des effets négatifs sur les industries naissantes, en particulier dans les pays en développement, et ils ont plaidé pour une protection temporaire pour permettre aux industries locales de se développer et de s’adapter à la concurrence internationale. Ces critiques ont conduit à l’adoption de politiques commerciales plus protectionnistes dans certains pays en développement, qui ont permis à leurs industries de s’épanouir.


John Stuart Mill : L’Équilibre entre Marché et Justice

« La liberté consiste à faire tout ce que les lois permettent. » – John Stuart Mill

John Stuart Mill, philosophe et économiste britannique du XIXe siècle, a apporté une contribution majeure à la théorie de l’offre et de la demande tout en défendant l’économie de marché. Cependant, il reconnaissait le besoin d’une intervention gouvernementale limitée pour corriger les inégalités et promouvoir le bien-être social. Dans ses travaux, Mill s’est penché sur les conditions nécessaires pour un bon fonctionnement de l’économie de marché et a mis l’accent sur l’importance de la justice sociale.

Les idées de John Stuart Mill sur le commerce et la liberté économique ont profondément influencé le développement de politiques économiques axées sur l’équilibre entre l’intervention étatique et le libre-échange. Cette vision a été fondée sur le principe que la liberté économique pourrait être utilisée pour améliorer le bien-être des citoyens et réduire les inégalités sociales. Toutefois, des critiques comme Karl Marx ont affirmé que le système capitaliste était intrinsèquement injuste et qu’aucune réforme ne pourrait éliminer les inégalités et les exploitations qui en sont le résultat. Malgré ces critiques, les idées de Mill sont encore largement référencées et sont importantes pour l’élaboration de théories économiques intégrant des considérations sociales et éthiques.


Karl Marx : La Révolution pour une Société Égalitaire

« Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières; ce qui importe, c’est de le changer. » – Karl Marx

Karl Marx a radicalement critiqué les fondements du capitalisme, dénonçant l’inévitable lutte des classes entre les propriétaires des moyens de production et les travailleurs. Il a encouragé le prolétariat à mener une révolution en vue d’établir une société communiste sans classes, où les moyens de production seraient collectivisés. En outre, il a fait des recherches approfondies sur la valeur, l’exploitation et la plus-value qui existent dans le capitalisme.

Le marxisme, une théorie politique et économique du 19e siècle, a eu une influence considérable sur les politiques économiques et sociales du 20e siècle, inspirant des révolutions communistes et des régimes socialistes. Cependant, ces approches ont été critiquées par des penseurs tels que Friedrich Hayek, qui ont mis en évidence les risques que ces politiques pourraient poser à la liberté individuelle et à l’efficacité économique. Les débats sur les principes marxistes se poursuivent aujourd’hui, reflétant les tensions entre l’équité et la liberté dans l’organisation économique.